Vous avez décidé d’entreprendre. Bravo.

Oui bravo, car entreprendre n’est pas qu’une simple déclaration d’intention. Entreprendre c’est d’abord faire un choix. Celui d’entendre les commentaires de votre entourage, mais surtout de prendre la hauteur nécessaire pour à la fois recevoir les témoignages authentiques mettant en avant vos talents réels vous permettant de vous lancer dans ce formidable défi, mais aussi de comprendre les autres témoignages vous incitant à ne surtout pas prendre le moindre risque. Ces témoignages où l’idée même de quitter une situation confortable de salarié pour aller prendre tous les risques du monde et mettre en danger ses acquis matériels n’est qu’une pure folie. N’est-ce pas peut-être le transfert d’un sentiment de peur de la part de ces « conseillers » pessimistes ?

Comment être aussi « inconscient » pour démarrer une aventure alors même que de trop nombreuses questions demeurent sans réponse ?

Comme le dit admirablement bien l’aventurier Mike HORN, « Pour se mettre en marche, il suffit d’avoir 5% de réponses à ses questions. Les 95 % restantes viennent le long du chemin. Ceux qui veulent 100% de réponses avant de partir restent sur place. »

Les entrepreneurs que j’ai le plaisir d’accompagner me renvoient souvent en complément que les « questions sans réponse » changent en cours de route car celles qui pouvaient être bloquantes au début de l’aventure n’ont plus aucune raison d’être quelques mois plus tard et laissent naturellement place à des sujets beaucoup plus centrés sur l’opérationnel.

Je pratique par passion l’aviation de loisir. Lorsque je dois emmener ma famille à bord d’un petit avion d’aéro-club, je prépare ma route avant même de mettre les pieds dans l’avion. J’identifie les couloirs aériens autorisés et ceux qui ne le sont pas. J’identifie tous les aérodromes « de déroutement » sur ma route en cas d’imprévu. Je prends les derrières informations météorologiques en acceptant qu’elles puissent évoluer en chemin.

Je prévois.

J’apprécie l’ensemble de ces paramètres et j’estime que les conditions sont réunies pour entreprendre ce voyage avec la bonne marge de sécurité mais aussi de plaisir.

Je décide.

Je décolle, je grimpe pour atteindre mon altitude de croisière, un coup d’œil régulier sur mon tableau de bord, tous les indicateurs sont au vert pour continuer.

Je contrôle.

Une masse nuageuse se présente devant moi. Le rapport météorologique de mon briefing au sol n’avait pas prévu ce scénario. J’ai cinq minutes pour décider avant d’entrer dans cette masse d’air inhospitalière. Le front est trop large pour le contourner. Je décide de passer au-dessus sachant que le contrôleur aérien m’a confirmé que je pourrai retrouver un repère terrestre dans vingt minutes. Je fixe un cap et démarre le compte à rebours m’indiquant le temps restant à naviguer au-dessus d’un matelas blanc uniforme. Je me laisse « coacher » par le contrôleur afin de gérer mon émotion, de me concentrer sur ce que je sais faire et d’accepter qu’il va falloir faire différemment que prévu.

Je me fais confiance.

Le contrôleur me renvoie l’information que je reverrai le sol dans deux minutes. Je m’assure que mes passagers vont bien en ayant une attitude positive et enthousiaste.

Trente minutes plus tard l’avion est posé, l’équipage est arrivé à bon port, l’avion est techniquement prêt pour un autre vol. Je refais le film de ma navigation.

Je débriefe.

Évidemment cette navigation aurait été parfaite sans l’épisode du nuage qui a généré du stress.

Alors je me rappelle une autre phrase de Mike HORN (décidemment…) : « Ne regrette pas ce que tu n’as pas eu, mais dis merci pour ce que tu as« .

Je capitalise.

Auteur : Jean-Marc Garnier