Les émotions seraient-elles nos alliées ?

Les découvertes en neurosciences de ces 10 dernières années montrent que notre réussite personnelle et professionnelle dépend de plus en plus de notre intelligence émotionnelle et relationnelle, et plus seulement de notre quotient intellectuel, le QI.

En effet, on parle beaucoup des émotions aujourd’hui : nous avons tout intérêt à savoir exprimer nos émotions, notamment dans le cadre professionnel, et à les reconnaître. Nous devons aussi apprendre à les accepter et les utiliser. Exprimer ses émotions, rester à l’écoute de ses émotions mais aussi … Les contrôler, apprendre à les gérer, à les exprimer de façon appropriée, adaptée, intelligente. L’équilibre peut sembler difficile à trouver

Alors comment cela fonctionne ?

Notre cerveau est en fait composé de 3 « cerveaux » :

Le Reptilien est le siège des instincts et des pulsions. Le limbique ou cerveau mammiférien est venu se greffer sur le cerveau reptilien. Il est le siège des émotions. Enfin le Cortex, cerveau supérieur, est venu se greffer sur les deux autres. C’est la couche supérieure de notre cerveau. Il apparaît chez le chien et le cheval. Mais il est surtout développé chez les primates, en particulier chez l’HOMME. Le Cortex est le siège de la réflexion. L’intelligence émotionnelle fait appel à la fois au cerveau limbique (« émotion ») et au cortex (« analyse de nos émotions »). Ces 2 cerveaux peuvent coopérer ou bien entrer en compétition

Face a une situation, nous pouvons activer 2 circuits neuronaux :

Le premier, le circuit thalamo-amygdalien  est appelé circuit court. Ce circuit court, qui passe directement du thalamus à l’amygdale, est rapide. Ainsi il assure des réactions de survie, de fuite et de défense dans un délai très court. En contrepartie il est imprécis et transmet des informations incomplètes et sélectives.

Le second circuit, circuit thalamo-cortico-amygdalien, est le circuit long car il fait un détour par le cortex. Il est donc plus lent mais plus précis. Le passage par le cortex implique un temps de réaction plus long qui pourrait être fatal en cas de danger mais qui assure une perception plus précise du stimulus. L ’amygdale présente dans le cerveau limbique est impliquée dans le décodage de nos émotions et dans l’interprétation des émotions d’autrui. Le cortex, quant à lui, est impliqué dans le contrôle des émotions, c’est donc lui qui contrôle l’activité de l’amygdale

En résumé, lorsque nous sommes sous l’emprise de nos émotions, nous favorisons inconsciemment le circuit court. Nous ne laissons pas le temps à notre cortex de traiter et d’analyser l’information, ce qui nous empêche donc de maitriser nos réactions et nos comportements.

Il nous est tous arrivé de regretter après coup une colère subite, des mots blessants, agressifs ou autres réactions déplacées.

Votre cortex vous aurait bien prévenu mais bon ….

Alors, entraînez-vous à passer du circuit court au circuit long de l’émotion :

Apprivoisez votre amygdale en identifiant les déclencheurs de vos émotions et les signes précurseurs. Et prenez quelques minutes pour que vos émotions transitent jusqu’à votre cortex, cela vous permettra de les exprimer consciemment, de façon réfléchie et adaptée à la situation.

Quelques pistes d’action :

  • Ne pas intervenir sous le coup de la colère et permettre ainsi au cortex de « reprendre les manettes » : Différer les réactions : « Prenons du recul chacun de notre côté on en reparle demain ». Par exemple, attendre avant de répondre à un mail qui nous a mis en colère
  • S’entraîner à prendre du recul et à passer par le « circuit long » : réussir à garder son sang-froid. Apprendre à faire des « stop », à respirer pour prendre du recul, comme lors d’un entrainement sportif. En cas de situation compliquée, penser à un accompagnement psychologique
  • Préparer – Anticiper – Construire des scénarios de crise (procédure à déployer dans une logique de maîtrise des risques)
  • Accepter de se faire aider – savoir passer le relai parfois
  • Mettre en place une médiation en cas de situation conflictuelle
  • Travailler en équipe – Partager la surcharge de travail – Partager les « difficultés »
  • En fin de journée, repasser les événements dans sa tête et s’entrainer à faire le lien entre les émotions ressenties, la perception que nous avons eu des situations et les éléments factuels objectivables.

 

Auteur : Sandrine Mounoury