Et si vous passiez du stress à l’énergie ?

Le stress se définit généralement comme une « Réaction d’adaptation » dont la fonction est nécessaire à notre survie, tout comme la respiration, la digestion, la reproduction ou les fonctions immunitaires. Le stress, c’est la vie dit-on !

En réalité, le stress est spécifique à chaque personne : la définition de l’Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au Travail (2000) dit qu’il y a « Etat de stress suivant qu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son entreprise et les ressources dont elle pense pouvoir disposer (compétences, moyens, soutien etc..) ». Autrement dit il y a « stress » quand les ressources perçues par une personne sont dépassées par les contraintes subies qu’elle perçoit. 

A chacun son stress :

  1. Alain est consultant dans un cabinet parisien. Expérimenté et créatif, il est considéré comme un bon développeur.
  2. Déborah vient d’être nommée responsable d’un service de recherche et développement dans une PME régionale.  Enthousiaste et affective, elle a rejoint l’entreprise sur un coup de cœur.
  3. Tristan est comptable depuis plus de 10 ans dans une société d’assurance. Dévoué et bosseur, il s’investit sans compter.
  4. Catherine est commerciale grand compte dans un grand Groupe international depuis 5 ans. C’est une battante réaliste qui sait garder la tête froide quand les autres perdent la leur.

Quatre personnages, inspirés d’histoires vraies, d’égale compétence dans son domaine mais quatre modes de fonctionnement, quatre attitudes très différentes face à la pression. Tous les quatre se sont trouvés confrontés aux épreuves professionnelles, au doute, au stress, voire à la dépression et au burnout. Tous les quatre ont décidé, chacun à sa façon, de mieux vivre leur job.

Ils vous ressemblent peut-être un peu, partiellement ou beaucoup. Au fil de leur histoire, leur chemin croisant le vôtre vous apportera peut-être un éclairage, un indice, une piste pour vivre votre profession autrement : plus d’équilibre, moins de souffrance, plus d’épanouissement, plus de plaisir et d’enthousiasme, plus de performance également …

Alain, ou la crise de la cinquantaine :
Consultant brillant qualifié de « développeur », Alain a été « chassé » par un petit cabinet parisien en pleine expansion. Expérimenté, il s’investit sans compter pour mettre sur pied une organisation dans un service où tout est à faire : structurer l’offre, développer des marchés, monter des nouveaux « produits », conquérir et fidéliser de nouveaux clients… Passant d’une grosse structure à une « start up », le choc de culture a été éprouvant, il lui a fallu gérer les changements, se remettre en cause et travailler beaucoup … beaucoup trop. La cinquantaine alerte et sportive, Alain n’en finit pas moins par s’épuiser, se mettant en surchauffe en s’efforçant de suivre le rythme de jeunes recrues brillantes dont les compétences peuvent dépasser les siennes sur certains sujets. Pour sauver la face, il provoque, met au défi pour des broutilles, se positionne sur de multiples projets… qui n’aboutissent plus. Sa créativité étouffée par le poids d’une gestion de service devenue trop lourde, déçu par un manque de reconnaissance de sa direction qui n’approuve pas ses chicaneries, il se trouve fortement secoué quand c’est un de ses jeunes collègues qui est choisi pour intégrer le comité de direction. Pour Alain la terre s’écroule, il a l’impression d’être relégué au second rang, évincé comme un kleenex usagé. Il n’a plus qu’une envie, tout laisser tomber.

Déborah et la perte de confiance … en elle et en les autres :
Dès les premiers jours, malgré l’appui de sa hiérarchie, Déborah sent que quelque chose ne va pas dans son équipe. Des conversations qui s’arrêtent à son approche, des propos acerbes en réunion, des consignes oubliées ou mal appliquées… Fraichement diplômée, il est vrai qu’elle doit faire ses preuves auprès de collaborateurs expérimentés dont l’un convoitait son poste. Elle qui rêvait de fédérer une équipe sympa et soudée avec une bonne ambiance permettant de concilier efficacité et décontraction … elle se retrouve en souffrance, doute de ses capacités de manager et se sent dépassée par la situation. Elle perd le sourire et sa bonne humeur habituelle. Elle, qui établit si facilement des relations, se replie sur elle-même. Doit-elle parler à l’équipe ? Faut-il négocier le départ du collaborateur à l’influence néfaste ? Doit-elle partir elle-même ? Une chose est sûre, elle ne supporte plus cette forme d’isolement et de défiance de la part de l’équipe. Elle perd confiance en elle et se surprend à faire des erreurs… perdant encore en crédibilité. Elle aimerait bien avoir de l’aide.

Tristan et la peur de mal faire :
La société d’assurance où Tristan travaille est en pleine mutation depuis son intégration dans un grand Groupe. Il a changé de responsable, de bureau, de collègue, de méthodes de travail … tout cela imposé en un temps record. Son emploi du temps explose. Il est dans l’impossibilité de planifier quoique ce soit, de contrôler ses dossiers. Terrorisé à l’idée de laisser passer des erreurs, il travaille tard et arrive tôt, s’enferme, s’isole, se laisse submerger par les dossiers, ceux qu’il a toujours traité… et les nouveaux qui lui sont imposés. Il attend des consignes claires que son nouveau responsable ne peut lui donner. Il se ronge, tourne en boucle, doute de ses compétences, se fait un sang d’encre, ne dort plus, voit tout en noir et se trouve dans l’impossibilité de trouver quelque solution que ce soit par lui-même. Serrant les dents, il estime que c’est à lui de tout faire. Pas question d’appeler au secours !

Catherine au cœur de la tourmente :
La petite société que Catherine a intégrée il y a cinq ans a été rachetée et revendue plusieurs fois à des groupes français, allemand, américain… Aujourd’hui, vague après vague de restructurations, Catherine assiste impuissante au départ de collègues licenciés dans des conditions discutables. Dans une organisation aussi instable qu’une plaque tectonique, elle se demande qui sera son prochain responsable. Les clients s’inquiètent, la production piétine dans les dysfonctionnements et l’absence de coordination, les marges s’effritent … Malgré sa force de caractère et son bon sens, Catherine est déstabilisée. Négocier son départ ? Tenir bon et mettre ses compétences au service d’une équipe qui panique ? Elle vit mal les décisions incompréhensibles, voire les non-décisions calamiteuses, l’impuissance de ses responsables, l’absence de visibilité. N’ayant aucun moyen de maîtriser la situation, elle ne supporte pas le flou de l’organisation, l’incohérence entre les objectifs et l’opacité des informations. L’absence de retour sur les résultats la déprime. Calme en apparence, elle serre les dents et ne décolère pas au fond d’elle-même. Ses propos sont tranchants comme l’acier, elle ne mâche pas ses mots quand ses interlocuteurs manquent d’efficacité ou de réalisme ou baissent les bras.

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A chacun ses remèdes :
Rassurez-vous, chacun de ces personnages s’en est sorti. De même chacun de vous peut retrouver équilibre, énergie, plaisir et enthousiasme dans son activité professionnelle. Pour surmonter les difficultés que nous présente la vie pour nous faire grandir un peu plus, il y a des points communs … et des moyens propres à chacun.

 

Alain et le passage du « JE » au « jeu en collectif » :
Après 15 jours de vacances sportives à la montagne, et l’aide d’un ami coach, Alain se remet en cause et se décide à jouer la coopération. A vouloir être toujours le premier et le meilleur, il reconnait qu’il s’est isolé tout seul. Ses remarques provocatrices ont fini par lasser sa direction et ses collègues, il a perdu son efficacité à vouloir se lancer dans toutes les directions et garder les affaires pour lui-même.

Pas facile de lâcher son ego et faire le deuil d’une position de leader. Et si c’était le moment de retrouver du plaisir dans ses activités ? Au lieu d’improviser comme à son habitude, Alain prépare rigoureusement un entretien avec sa direction pour négocier un rééquilibrage dans ses activités : lâcher les activités administratives et organisationnelles qui lui pèsent au profit d’un jeune collègue qui semble aimer cela, jouer la coopération sur certains dossiers complexes pour développer des solutions créatives et innovantes et retrouver un rythme qui lui permet de retrouver du « fun » dans son travail et dégager du temps personnel, pour refaire du sport par exemple.

Convaincu par sa présentation, le dirigeant d’Alain accepte le défi et renouvelle sa confiance. En lâchant prise sur ce qui lui consommait inutilement son énergie, Alain retrouve son dynamisme, sa créativité et son humour. Ses jeunes collègues retrouvent confiance en lui et le consultent fréquemment pour son expérience et ses idées. Son nom finit par circuler pour la création d’une nouvelle agence …

Déborah et le ressourcement par la formation :
Après un entretien approfondi avec son responsable qui l’a confortée sur ses capacités professionnelles et de manager, il apparaît pertinent pour Déborah de se « muscler » en management. On lui propose une formation adaptée en parallèle avec un travail d’accompagnement de la part de son responsable pour surmonter cette délicate période de probation auprès de son équipe. Une solution est trouvée pour proposer un poste dans un autre service à la collaboratrice perturbatrice.

Six mois plus tard, Déborah a trouvé le sourire. L’équipe rééquilibrée a gagné en cohésion et en cohérence grâce à l’application de techniques appropriées découvertes en formation : redéfinition des postes et des missions en concertation avec l’équipe, mise en place de réunions de coordination, entretiens de suivis avec chacun…. L’ambiance est devenue excellente grâce aux liens entretenus dans l’équipe. « Sans le soutien de ma responsable et l’accompagnement des formateurs, je n’aurais pas pris conscience de mes points de vigilance : oser confronter, prendre du recul pour analyser la situation de façon plus rationnelle, adapter mon comportement aux personnes qui n’ont pas besoin de « sympathie » comme moi. J’étais en souffrance. Aujourd’hui, j’aime ce que je fais dans une équipe où nous avons tous plaisir à travailler ensemble. » (Voir nos articles : « Manager par les points forts » et « Qu’est ce qu’un manager bienveillant ? »).

Tristan et le nettoyage des tâches inutiles :
Il a fallu une bonne déprime et un arrêt de travail de 3 semaines pour que Tristan prenne conscience de la nécessité de faire autrement… Pendant son absence le remplacement a été assuré dans de bonnes conditions … preuve que l’équipe avait plus de compétences qu’il ne pensait  Son nouveau manager lui ayant proposé de mettre tout à plat pour trouver des solutions, Tristan s’est décidé à faire l’inventaire de ses tâches et faire un tri entre ce qui était important et incontournable dans sa mission, ce qui pouvait être délégué, ce qui n’était plus d’actualité, ce qui pouvait être fait différemment… Simplifier, aller à l’essentiel. Bien sûr cela n’a pas été sans mal, Tristan ne supportant pas de lâcher certaines activités statistiques dans lesquelles il excellait… Avec patience et fermeté, son responsable le rassure, lui donne conseils et méthodes et lui propose de faire un point hebdomadaire le temps  de valider ses nouvelles pratiques. Rassuré, Tristan s’inscrit par ailleurs dans un programme pour apprendre à prendre confiance en lui-même, positiver, respirer, prendre du recul, communiquer…

Au bout de quelques semaines, Tristan a retrouvé son calme légendaire et son équilibre dans une équipe plus motivée et plus efficace … collectivement.

Catherine et le « bon sens positif près de chez vous » :
« Puisque l’environnement n’est pas prêt de se stabiliser, puisque je ne peux pas maîtriser une situation qui dépasse largement mon champ d’action, que puis-je faire à mon niveau ? »

Après la phase de colère, puis une phase d’extrême fatigue, Catherine s’est décidée à prendre enfin ses propres besoins en compte et d’agir. Après réflexion, elle se donne un objectif vraiment motivant pour elle : prendre du temps pour se former au métier de consultante, de sorte à être opérationnelle le moment venu. Son expérience et ses qualités organisationnelles aidant, il ne lui manque que des outils concrets pour être crédible dans cette profession.

Une fois la formation négociée en interne, Catherine s’efforce de gérer une charge de travail intense dans son activité professionnelle à laquelle s’ajoute son temps de formation. Pas question en effet de faire pâtir sa société, ses clients et ses collègues d’une baisse de performance. Pour cela Catherine apprend à relâcher la pression et limiter son niveau d’exigence. Elle met à profit sa formation en s’entrainant à écouter et à recadrer ses certitudes et ses jugements, à la grande satisfaction de son entourage ! Surtout, elle apprend à accepter de ne pas tout maîtriser et que tout ne soit pas parfait : une chose après l’autre et se féliciter à chaque étape franchie ! Malgré la pression, Catherine retrouve son énergie grâce à l’ouverture que lui offre la formation et le déroulement de son plan d’action.

Un jour, l’un de ses clients découvrant son projet,  lui propose son premier contrat dès la  création de son cabinet …

Nous ne fonctionnons pas tous de la même façon, nous ne sommes pas tous sensibles aux mêmes facteurs. Il n’y a donc pas une seule méthode pour accompagner les gens stressés. Chaque profil va privilégier certaines réponses par rapport à d’autres : inutile de proposer à Alain de se relaxer, au contraire, lui donner l’opportunité de retrouver du plaisir dans ses activités, jouer, quite à le provoquer ! En revanche, Déborah et Tristan ont besoin d’être accompagnés et d’apprendre à respirer pour se recentrer, gérer leurs émotions et prendre du recul. (Pour travailler sur les modes de fonctionnement des 4 personnes présentées, nous avons utilisé la méthode OPR® : Optimisation du Potentiel Relationnel).

perso tertiaire moderne confiantEt si vous passiez du stress à l’énergie ?

Posez vous les bonnes questions (a tête reposée) :

  1. Sur une échelle de 0 à 10 (0 = mal-être total, 10 = bien-être total), où en suis-je aujourd’hui ?
  2. Où se situent mes difficultés ?
  3. Des conflits ? avec qui ? sur quels sujets ? quel déclencheur ?
  4. Qu’est-ce qui déclenche mon appréhension ? mon stress ?
  5. Qu’est ce qui dépend de moi ? De mon environnement ?
  6. Quelles conséquences si je ne change rien ?
  7. Où est ma zone de plaisir ?
  8. Qu’est-ce que je veux ?
  9. Sur quoi puis-je agir et qui dépend de moi ?

Avec vos réponses, réfléchissez aux différentes solutions que vous pouvez mettre facilement en œuvre de manière individuelle et celles qui nécessiteront l’implication d’autres personnes. Parlez en à votre N+1 en présentant votre réflexion, vos questions pour trouver ensemble un plan d’actions efficace.

Auteur : Geneviève PERNEL