Le bonheur au travail est-il un but ou une conséquence ?

Businessman whistling and happily while going to work. I Love My Job concept, VECTOR, EPS10

Vous souhaitez que votre équipe soit heureuse et enthousiaste. Vous voulez également qu’elle soit performante, responsable et autonome ?

Mais qu’est-ce qui vient en premier ? Et ériger l’un ou l’autre comme un but à atteindre, entraînera-t-il forcément l’autre comme conséquence ?

Nous parlons de plus de plus de bonheur au travail et de bien-être en général. David Cameron, ancien Premier Ministre de notre proche voisin avait même proposé qu’il serait souhaitable de mesurer le bien-être général dans la croissance du PIB. Cette idée fut très certainement inspirée par le royaume du Bhoutan qui utilise un indicateur de richesse pour le moins original : Le Bonheur National Brut (BNB). Cependant, contrairement à notre voisin anglo-saxon, ou ce qui peut se passer chez nous, le Bhoutan ne fait pas face aux importantes coupes dans le budget de l’état, une économie stagnante, un chômage qui ne se résorbe pas, la séparation de ses voisins européens, une tentation du « chacun pour soi » ou tous les autres maux impactant notre bonheur collectif. Comme l’évoque Raphaël Glucksmann dans sa préface de « Dire et aimer ce que nous sommes », nous sommes capables d’évaluer notre bien-être individuel de la même façon que tous nos autres voisins européens et notre destin commun à la manière des Irakiens et des Afghans. Comment expliquer pareil paradoxe concourant à la déprime collective ?

Ce n’est pas si facile d’être heureux 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Ceci est très vrai individuellement et l’est donc par conséquence au niveau d’une équipe, d’une entreprise ou de la société toute entière. Et ceci n’a rien à voir avec l’état de nos finances ou le fait de gagner au loto. Le bonheur ne vient d’ailleurs pas en gagnant le gros lot ou en ayant réalisé une belle affaire. Des études auprès de gagnants du loto ont même montrées qu’un an après avoir perçu leur gain, les gagnants retournaient à leur situation précédente ou tombaient parfois en dépression.Super businessman carrying growing graph

De nombreuses études cherchent à analyser les éléments qui peuvent entraîner le bonheur. Aucun d’entre eux ne correspond à l’argent. Des enquêtes auprès de salariés montrent également que la rémunération vient au final assez loin dans les sources de motivation au travail.

La plupart de ces études s’entendent aujourd’hui pour citer ces quatre basiques comme étant des prérequis au bien-être au travail, mais également à son équilibre de vie et au bonheur, passées les portes de l’entreprise :

  • Se sentir appartenir et connecté à un groupe (amis, collègues, équipe ou entreprise) ;
  • Avoir un certain niveau de contrôle (autonomie, responsabilités, pouvoir donner son avis…) sur son travail et sa vie ;
  • Avoir un but et progresser vers celui-ci, que ce soit la carrière, les compétences, le bien-être…et se sentir utile ;
  • Avoir une vision claire de ses objectifs au travail et dans la vie.

Enlevez l’une de ces composantes et l’édifice s’écroule. Alors que le monde de l’entreprise demande de plus en plus et propose des objectifs parfois éloignés des ambitions personnelles, il y a un risque réel et très actuel de rendre ces précieux individus, parfois véritables atouts pour votre entreprise et son développement, tristes, démotivés et improductifs. Parfois à tel point qu’ils sont prêts à quitter votre environnement pour celui d’entreprises plus petites ou moins en vue, mais capables d’offrir les éléments évoqués.

Alors, plutôt que de viser le bonheur comme valeur flou ou vouloir la performance à tout prix, pourquoi ne pas mettre en place leurs prérequis en donnant confiance et permettant à chacun de s’exprimer en fonction de ce qu’il est. Le reste suivra…

Auteur : Benoît Dubin